Femmes Actives Japon - Le réseau professionnel au féminin

Portrait : Cyrielle Ugnon

Originaire de Grenoble, Cyrielle y passe les 20 premières années de sa vie et se rend ensuite à Toulouse pour ses études en école de commerce. Ayant toujours eu le goût pour le voyage, son master en commerce international lui permet de faire un séjour de 6 mois à Amsterdam et un an et demie ans à Barcelone où elle profite pleinement de ces nouveautés.

Portrait : Cyrielle Ugnon

Diplôme en poche en 2013, le premier choix de poste se porte sur l’opérateur de tourisme Club Méditerranée. Promoteur immobilier pour le village de Valmorel et de ce fait loin de son ami qui lui est resté à Paris, elle démissionne pour favoriser le rapprochement de son couple et rejoint la société BNP Paribas à Issy-les-Moulineaux en tant que consultante en immobilier commercial de bureaux. L’industrie bancaire ne lui offre cependant pas le contact et la chaleur humaine qu’elle aimait tant dans son emploi précédent. Cyrielle et son ami décident de se lancer à l’aventure et de déménager au Japon, destination rêvée de celui-ci depuis toujours. Ils entreprennent des cours de japonais et font les démarches pour obtenir un visa vacances travail. Les voilà prêts à découvrir l’Extrême-Orient ! Cyrielle est de nature aventureuse, le Japon lui prépare en effet des expériences hors des sentiers battus.

La première sera leur appartement, choisi en ligne avant leur arrivée…les images peuvent être trompeuses car la mauvaise isolation thermique et l’insalubrité générale de l’immeuble ne se manifestent pas forcément sur les photos ! Ils trouvent un meilleur logement au bout de 4 mois, mais demeurent tout de même des moments de remise en question « Qu’est-ce qu’on fait ici ? On rentre ? » se disent-ils en repensant à leur confort en France.

Fidèle à ses compétences dans l’immobilier, Cyrielle trouve un travail dans une agence immobilière japonaise dédiée aux étrangers « Tokyo Room Finder » et y restera 2,5 ans en tant que marketing manager. Ne se cantonnant pas à son rôle en marketing, elle touche à tout : refonte du site internet, community management, recrutement et formation des nouveaux employés, etc.

Un soir, un rêve la réveille : elle était reporter et partait à la rencontre de tribus et d’ethnies énigmatiques, soif de comprendre comment ces humains si méconnus vivent. Elle se rend compte que ce songe la définit : la vie de l’homme la fascine. En parallèle à son poste chez Tokyo Room Finder, elle devient reporter freelance de lieux de tourisme insolites pour le site de voyage Voyapon. Gaijinpot lui confie également des articles sur des thèmes parlant plus à son cœur : la méditation, l’éco-responsabilité, l’expérience professionnelle dans une société japonaise. Cependant, ces articles lui semblent légers car leur format blog ne lui permet pas de rentrer en profondeur sur les sujets.

Hiver 2018, Cyrielle fait une chute violente en snowboard qui lui tasse une vertèbre et sa sœur lui conseille la pratique du Pilates pour soigner ses douleurs incessantes. Fascinée et surtout soignée, elle y découvre une véritable définition du bien-être global, pratique créée par Joseph Pilates dans les années 20 en observant les postures des animaux et des enfants.

En parallèle, une séance d’hypnose en 2019 avec le père de son voisin dans l’avion Tokyo-Paris lui éclaire enfin ce sur quoi elle n’avait jamais pu mettre le doigt toutes ces années : elle se veut anthropologue. Plus près de l’homme, ses habitudes, ses modes de vie, sa profondeur, ses motivations et son bien-être que le Pilates vient parfaitement compléter.

Avril 2020, la voilà lancée dans une formation de Pilates pendant 6 mois, où elle va étudier cet art du corps sous toutes ses formes chez Bodymode : théorie, pratique, anatomie, observation. Ses efforts portent ses fruits car elle réussi son examen et remporte sa certification le 1 décembre ! Le Pilates ayant des déclinaisons variées, son choix se porte sur le Pilates Stott, à savoir avec une compréhension plus approfondie du corps en termes de muscle, tissu, biomécanique. Nous retrouvons clairement les traits d’une jeune fille qui avait entrepris des études plus cartésiennes en école de commerce, une piste qu’elle avait choisi pour assouvir sa soif de voyage et par « tradition ».

Cyrielle est loin de ses racines françaises et y trouve une redécouverte de soi. Eloignée des habitudes qu'il aurait été difficile de rompre, des références rassurantes qui prédéterminent nos décisions, le Japon est ressenti comme un déconditionnement qui lui a enlevé les œillères et ouvert les portes sur de nouveaux choix de vie.

Ses 2 livres préférés illustrent d’ailleurs cette envie de voyage, au cœur de l’être humain : le parcours de la femme dans « Femmes qui courent après les loups »  de Clarissa Pinkola-Estes et une histoire vraie de voyage en Fiat 500 à travers les Balkans, l’Anatolie, l’Iran puis l’Afghanistan dans les années 50 dans « L’Usage du monde » de Nicolas Bouvier.

Peur de rien ? Non, le yakitori d'uterus lui donne tout particulièrement des frayeurs. Peur de l’inconnu ? Pas du tout ! Elle donne déjà des cours de Pilates idéalement à domicile, et continue à le pratiquer avec son amie Christine Wurm. Ses projets futurs ? Elle envisage sérieusement des études en anthropologie et veut créer un documentaire avec la talentueuse photographe Alice Defi, membre également de Femmes Actives Japon qu’elle a rencontrée lors d’une séance Mentorat, à propos de la vie à porte close des Tokyoïtes et l’impact du milieu urbain sur l’existence. Dans l’immédiat, elle nous fait honneur en animant l’atelier Femmes Actives Japon du 19 janvier, « Comprendre son corps, sa posture, et se libérer des tensions par le Pilates ».

Pour apporter un élément de pleine conscience, Cyrielle médite tous les jours. Ces instants de déconnection lui permettent de se recentrer et complète idéalement sa pratique qui incorpore de la spiritualité et permet de canaliser ses pensées.

Et si Cyrielle était sur le chemin de véritablement marier la science des hommes et le bien-être ? Elle qui avait envisagé des études en ostéopathie ou kinésithérapie avant son école de commerce il y a 13 ans ne peut que se dire qu’elle est sur le droit chemin !


[07/01/2021]