Membre à l’affiche : Florence Bossard, Head of Marketing Japan & Asia pour les eaux Evian Volvic Badoit (Danone)

 

Membre à l’affiche : Florence Bossard, Head of Marketing Japan & Asia pour les eaux Evian Volvic Badoit (Danone)

 

Florence Bossard est interviewée par Céline Gachot.

Florence poursuit sa seconde année d’expatriation au Japon, pour l’entreprise Danone, au sein de laquelle elle travaille depuis 16 ans.

C’est sa première expatriation. Après une année de “mise à l’épreuve” par ses équipes et interlocuteurs commerciaux, elle a acquis sa légitimité et voit l’avenir sereinement.

Elle a réussi à dépasser ses frustrations managériales au quotidien, en alimentant sa curiosité et son respect pour le Japon. Elle arpente les abords de Tokyo avec sa famille, quasi tous les week-ends.

Le pourquoi du comment le Japon ?

 

Il y a quatre ans, Evian a été la marque pilote pour le groupe Danone. L’idée : recentraliser la stratégie, la communication et l’innovation des marques internationales. Evian était alors managée par un homme charismatique, qui s’est entouré d’une équipe talentueuse pour relever ce défi. J’ai eu la chance de faire partie de cette aventure, successful.

 

Je me suis d’abord occupée de la communication en 2008; responsabilité étendue ensuite au packaging en 2010. La saga des “bébés rollers” a créé une véritable onde de choc, légitimé la centralisation de la communication et ouvert la voie aux autres éléments du mix dont le produit et le packaging, avec le même succès.

 

C’était le moment pour moi d’évoluer et de demander ce qui me tenait à coeur. J’avais participé à “l’évangélisation et au changement“. J’étais légitime à essayer de l’appliquer au sein d’une zone géographique. J’avais envie d’Asie. On m’a offert le Japon et une partie de l’Asie. 50% de l’activité étant réalisée au Japon, je suis basée à Tokyo.

 

 

Ta mission au Japon ?

 

En tant que Head of Marketing Japan & Asia pour les eaux Evian, Volvic, et Badoit, je suis garante de la stratégie des marques et de son exécution, du plan média à l’activation dans les magasins. La stratégie Asie/Japon est définie en consultation avec les directeurs de zone, garants de faire croître le chiffre d’affaires, et les équipes centrales de Paris.

Je manage une équipe de 4 personnes à Tokyo, et travaille en transversal avec 3 autres personnes dans le reste de l’Asie, basées respectivement à Singapour, en Corée et en Chine.

 

Afin de préserver ma vie de famille et compte tenu de l’étendue de ma zone, je privilégie les visio-conférences, que j’organise de façon mensuelle ou bi-mensuelle avec chaque membre basé hors du Japon.

Par ailleurs, je voyage 2 à 3 jours par trimestre en France.

 

J’ai des journées bien remplies, puisque j’ouvre le bureau à 8h15, après avoir déposé les enfants (de 6 ans et 9 ans) au bus. Le soir, je suis à la maison vers 20h15.

Je travaille quasi-exclusivement avec des Japonais, puisque sur 20 personnes au Japon, seules trois personnes sont françaises. Il s’agit des personnes occupant des fonctions transversales.

 

Manager une équipe japonaise : les + et les –

 

J’apprécie particulièremement la rigueur et le sérieux de mes équipes japonaises, mais aussi de mes partenaires. Par ailleurs, dans l’ensemble, ils sont agréables et d’humeur constante.

J’aime aussi le fait que lorsqu’une décision est prise, avec la complète adhésion des équipes, tout se déroule parfaitement. Je peux anticiper et monter des évènements, dont je sais qu’ils ne seront pas gérés dans l’urgence, à coups d’imprévus. C’est très appréciable comparativement à ce que j’ai pu vivre en France !

 

Le revers de la rigueur et du sérieux c’est certainement le manque d’audace et de créativité, ce qui me gène particulièrement en marketing. Dans le même ordre d’idées, “prendre le lead” et décider relève du défi, bien qu’ils soient légitimes et tout à fait aptes. Ils agissent collectivement, et préfèrent attendre un total alignement ou une totale certitude avant d’avancer, au risque de ne pas tenir la deadline. Je reste d’ailleurs très surprise de cette propension à la “réunionite”.

 

À mon arrivée, la notion de développement personnel était très vague. Cela participe certainement de la même idée : ne pas se sentir autorisé à sortir du lot. Je parviens toutefois à “éduquer” mes équipes sur ce plan, en exigeant systématiquement d’eux qu’ils me fournissent leur recommandation (que l’on a d’ailleurs nommée “my reco”).

 

Le scepticisme est de règle. Il m’a donc fallu délivrer, prouver, démontrer, obtenir des succès contributeurs avant d’acquérir ma légitimité. 

 

La team player convaincue que je suis, a également passé quelques moments difficiles à son arrivée avec le style de management excessivement directif du précédent patron de l’entité. J’ai dû donc m’adapter aux spécificités japonaises en y ajoutant une bonne dose d’accompagnement et de contrôle.

 

Toutes ces différences qui pourraient apparaître à première vue comme autant d’obstacles, m’ont permis en réalité un véritable enrichissement personnel.

J’ai appris à mieux me connaître, m’adapter, “faire la couleuvre” lorsque ça a pu être nécessaire, sans pour autant renier mes convictions.

 

 

 

Quel bilan, professionnel et personnel, à mi parcours ?

 

Mon contrat est initialement prévu pour 3 ans, avec la possibilité de le renouveler dans la limite de 5 ans. Je suis donc à mi-parcours.

Ma personnalité positive a été d’une grande aide la première année, pour surmonter mes challenges professionnels.

 

Cette période de “mise à l’épreuve” est aujourd’hui derrière moi, et je recommencerais l’aventure si c’était à refaire. Mon respect pour le Japon, sa culture, sa population m’a aidé à surmonter ces difficultés. J’ai découvert des ressources personnelles en termes d’adaptabilité que j‘ignorais jusqu’alors et qui me rendent aujourd’hui plus forte.

 

J’ai encore beaucoup de choses à entreprendre pour mes marques au Japon et je suis convaincue qu’elles ont plein de parts de marché à conquérir.

 

Cette évolution positive me permet d’envisager à terme une seconde expatriation, de préférence en Asie. Et ce d’autant plus que mon mari est lui aussi en train de rebondir !

 

 

 

 

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